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CP A.HOUPERT Crues et innondations Imprimer Envoyer
Lundi, 06 Mai 2013 10:36

Laisse béton ! Il est urgent d’agir.

L’eau coule sous les ponts mais les ponts débordent : à ce jour, deux cents maisons sont toujours inondées. Il y a deux causes principales : on n’entretient plus les rivières et on bétonne à outrance avec des produits imperméabilisants.
Autrefois, les rivières étaient librement entretenues par les riverains et par les agriculteurs, mais on est passé d’un extrême à l’autre, avec des normes toujours plus contraignantes et dissuasives. Tout est bloqué, personne n’ose plus intervenir et les cours d’eau ne sont plus nettoyés. Jadis, le bocage qui a disparu, avec ses haies et ses murs en pierres sèches, permettait de freiner les écoulements par temps de crue.
Nous vivons à l’ère de l’écologie punitive, il est devenu aujourd’hui impossible de curer un fossé ou de drainer un marécage sans risquer d’être en infraction : en effet, les fossés d’écoulement sont considérés comme de vrais cours d’eau et les marécages sont protégés au titre des réserves de biodiversité, d’authentiques zones humides. Pire, l’organisme chargé au ministère de l’agriculture de  la police des eaux, l’ONEMA, n’hésite pas à relever de sévères infractions à l’encontre de particuliers et de maires qui ont engagé des travaux d’entretien sur les fossés et les cours d’eau, sans son autorisation préalable; j’ai même dû intervenir à plusieurs reprises pour qu’on soit indulgent à leur égard.
Il est urgent d’agir pour supprimer ces normes trop contraignantes : nous avions fait un premier pas avec la proposition de loi de mon collègue le Sénateur DOLLIGÉ mais hélas ! le groupe de la majorité présidentielle au Sénat et son Président, François REBSAMEN, s’y sont opposés , sans doute pour éviter tout couac au sein de la majorité gouvernementale : résultat, l’adoption de ce texte majeur a été retardée de deux ans et son contenu si édulcoré qu’il en a perdu toute sa force initiale, sa substantifique moelle.  Belle occasion manquée de retrouver un certain bon sens de nos anciens, qui avaient appris des moines cisterciens à gérer l’écoulement des eaux !

L’urbanisation massive s’est développée à tel point qu’il y a encore deux ans, elle absorbait l’équivalent d’un département tous les dix ans et aujourd’hui un département tous les huit ans.
Dijon est devenue un exemple de bétonnage, qui imperméabilise tout à outrance, qui renvoie toutes les eaux à la rivière, parce qu’elles ne peuvent s’infiltrer nulle part dans le sol. Alors il ne faut plus continuer à bétonner la ville systématiquement, à supprimer tous les espaces verts enherbés, à bitumer sans arrêt.
D’autres choix d’urbanisation sont possibles : par exemple, remplacer le béton industriel par des revêtements à la chaux qui, même s’ils sont un peu plus chers, laissent l’eau s’infiltrer ; substituer au bitume l’empierrement des voies et chemin privés, encourager la construction de citernes ou de bacs de rétention d’eau, dans le droit fil du Grenelle de l’Environnement. Une politique volontariste pourrait encourager nos concitoyens à retenir chez eux l’infiltration de l’eau plutôt que de céder à la facilité de tout renvoyer chez le voisin, à la rivière …
Nous devrons à l’avenir gérer nos eaux pluviales avec une approche globale, car il s’agit là d’une question d’intérêt général : parce que la nature aujourd’hui n’est plus la nature cultivée de Buffon, laisse béton, il est urgent d’agir. Il faut changer de législation, le changement, c’est maintenant.
“Lorsque tu bois, penses à la source “, disait mon prédécesseur et ami, le Sénateur Bernard BARBIER.
Alors, le Gouvernement doit faire des réformes courageuses,  remettre du bon sens paysan dans nos lois et ne pas être l’otage de groupes politiques qui prônent l’écologie à Paris dans nos hémicycles mais qui n’ont jamais dépassé le périphérique. Remontons avec courage aux vraies causes pour en supprimer les pires effets et éviter qu’un jour ne se reproduise le drame de Vaison-La- Romaine. 

Alain HOUPERT

Mise à jour le Samedi, 25 Mai 2013 12:45
 
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